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Mot-clé - Neil Jomunsi

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28/10/2017 23:32

Projet Bradbury : le retour

Le projet Bradbury, tu te souviens ? Sissi, ce truc, mis sur orbite il y a quatre ans. Une révolution (solaire[1]) plus tard, mission accomplie et avec brio. Imagine-toi qu'il remet ça. Comment ça, « qui "il" ? » Bin, Neil Jomunsi, l'auteur. Il se lance de nouveau dans ce qu'il nomme un marathon littéraire : écrire 52 nouvelles en 52 semaines. Une nouvelle — à écrire, corriger, (faire) illustrer, raconter de vive-voix, enregistrer, mettre en page et en ligne — par semaine pendant un an. Et donc, toutes les semaines de l'année qui commence, une nouvelle à lire. Et commenter aussi, pour te donner l'envie, sinon d'écrire, au moins de lire. Et ma copine Deidre a la même idée que moi \o/ Et j'espère d'autres aussi !

Foin de calembredaines, le retour du PB, c'est le 11 septembre (2017).

Projet Bradbury #2

Et comme un point zéro qui marque le début du chemin, une nouvelle est déjà parue il y a quelques mois, PB #0 la bien nomméenumérotée.

C'est une nouvelle toute douce. Elle réveille en nous l'enfant qui y vit encore, imprégné de candeur et d'empathie, de bienveillance. Avec un parfum de taoïsme, comme toujours.

Cette histoire vous est confiée. Vous en êtes le gardien. Cette responsabilité vous incombe. Sans vous, elle disparaîtra. C’est de cette façon que survivent depuis toujours les choses insignifiantes.

Allez, on se retrouve sous peu de l'autre côté de la ligne, pour le début de la balade.


  • PB 10 : Robbie

Comme un écho aux incendies de R. Bradbury, la révolte gronde au creux de la multitude : faute de s’exprimer autrement que par la violence envers l’autre, faute ne serait-ce que de pouvoir être entendue, elle dévore le corps et l’esprit de qui la couve. Une espèce de Grosse Colère à l’envers. Pour la faire taire, pour la cacher, que les moyens sont dérisoires, insignifiants. Une résonance toute particulière avec l’état du monde contemporain.

Un zeste de zézététique, un soupçon de syndrome de Stockholm, un brin de merveilleux, une histoire (un peu trop) ancrée dans la réalité[2] qui peine à prendre son envol vers le continent imaginaire. Une rupture dans la vie du héros, comme « Le moment où tout a basculé », le plaisir qu'il prend enfin de se laisser aller à ses envies les plus intimes, l’abandon de sa routine et l’envol vers une nouvelle vie ou un retour à ses premières amours ? Va savoir.

Ça ressemble un peu à une blague dont on connaît déjà la chute à peine le titre, le résumé et le premier paragraphe lus ; un truc cousu de fil blanc, convenu. Une énième évidence, un truisme. Sauf que. La chute est telle qu’elle renvoie à bien d’autres dilemmes, du genre « Peut-on arriver à admirer les réalisations de quelqu’un qui par ailleurs est un ignoble salaud ? » ou bien « Peut-on tolérer l’intolérance ?[3] »

« À la page 1610, une histoire d’alter ego. » comme le titre l’annonce clairement. Très parlée, qui aurait toute sa place dans le Gobbledygook, donc ; une des premières de cette saison 2 où j’ai vraiment entendu l’auteur me la raconter, même si je n’écoute toujours pas les versions sonores, l’effet du très vieux livre extraordinaire cité plus haut, sans doute. Elle semble refléter quelques humeurs du moment que l’auteur laisse traîner sur le réseau mondial. Ou bien, sous l’apparence trompeuse d’un thème maintes fois abordé par d’autres, elle résonne dans l’esprit de celles et ceux qui englués par la routine ou écrasés par l’impuissance, se demandent bien comment et quoi faire pour changer. Même si la solution proposée dans l’histoire est violente.

Un air de Club des Cinq où, pour une fois, l’énigme ne sera pas résolue, sinon par l’imagination de qui aura lu la nouvelle. Et encore. L’intrigue est simple — et dans le registre de l’horreur [4] — mais le fin mot de l’histoire n’est pas dévoilé. Il n’empêche que le récit invite à la réflexion sur l’enfance et son devenir, la peur de l’étape suivante ou l’invention de son propre futur. Pas mal du tout. J’ai bien aimé ^^

À l’annonce du titre, le doute est peu permis, Neil replace un thème intemporel dans notre présent connecté, logorrhéique, où seules semblent s’exprimer nos horreurs intimes les plus indicibles[5]. Le sujet est sensible et contemporain, crois-tu. As-tu déjà entendu parler des chasses aux sorcières, à l’autre qui n’a pas la même allure que la majorité des gens — apparence trop grosse, trop petite, peau trop foncée, cheveux trop clairs, corps non conforme à l’image que ceux que tu vois le plus souvent, etc. — à cet être humain qui te fait peur parce que tu ne peux pas d’identifier à ce qu’il est[6] ? Cette nouvelle traite seulement de ça, mais de tout ça et t’interroge sur ton attitude : tu participes à la chasse, tu la regardes de loin, tu tentes de l’empêcher ?

La narration est dans le style de la littérature fantastique, un brin irréel[7], dans la veine de Je suis rage ou de nouvelles de la saison 1 du PB.

Au final, un thème classique, dans un style classique, quand on connait un peu les idées de l’auteur et la façon qu’il a de les exprimer. Certaines diraient qu’il ne sort pas de sa zone de confort[8], qu’il ne surprend guère ; d’autres reconnaîtraient qu’une nouvelle est quand même plus propice au développement des idées qu’une suite de gazouillis. Mais peut — beaucoup — mieux faire (il lui reste un paquet de nouvelles pour s’exercer ^^)

Un vivant monologue qui se lit sans reprendre sa respiration, ou presque. Et si le thème a déjà été évoqué dans la saison 1 du Projet Bradbury, on se délectera de la succulence de la langue, déliée par la plume de l'auteur. J'ai vraiment pris du plaisir à imaginer à qui, pour quelles raisons, comment, le héros, soliloquant sous nos yeux, s'adressait à l'inconnue à qui il parle. Une histoire de robot ? Peut-être. Surtout un vibrant plaidoyer pour l'humanisme[9].

Postapo. Ou pas loin s'en faut. Mais postapo. sereine, joyeuse, presque heureuse, en tout cas, réjouissante. Comme un carcan qui vole en éclat, une grande inspiration libératrice qui suit. Comme quand tu t'écries Ça fait du bien quand ça s'arrête ! Deux héros — qu'on imagine à peine sortis de l'adolescence — débrouillards, un peu affreux Jojo, mais pas vraiment méchants, seulement tentant de survivre et même de vivre dans ce monde (re)devenu sympa. Et c'est en rencontrant une espèce du Pythie du passé, du genre foldingue, qu'ils pourront clamer que le vieux monde est mort, vraiment mort. Et cette horrible amertume quand vient le temps des adieux à ce monde-là.

Si comme moi, tu aimes l'anaphore, tu ne vas pas être déçu ni déçue. Tu prends cette première nouvelle en pleine poire, une pluie d’uppercuts tambourine ton neurone. Ta lecture[10] avance malgré tout, prise dans le flot, prise dans le flux. Ça tambourine encore dans les tripes. Et comme le héros de l'histoire, tu t'accroches, tu ne cèdes rien, tu avances.

Soudain, une révélation, au détour d'une phrase

Mais l’enfant tient bon, il varappe comme un singe

Bon sang, on dirait du Michael Roch ! Je reformule, craignant soudain que tu penses que j'assimile Michael à un singe[11]. Bon sang, là, c'est la même plume que Michael[12] !

Le propos se déroule, le héros poursuit sa quête, dans un univers fantastique, fantasmagorique. Te vient à l'esprit Max et les Maximonstres ou Le Matelas Magique, ouvrages que tu as lus et relus à tes enfants du temps où ils étaient abonnés à l'École des Max. C'est quand même bizarre : quand tu lis une histoire, roman ou nouvelle, tu ne peux t'empêcher d'évoquer d'autres œuvres, d'autres auteurs. Comme si chaque opus n'était que la combinaison — alchimique, pourquoi pas — de choses, délicates et fragiles, qui flottent dans l'air du temps. Coïncidence ? Quand il s'agit de Neil, je ne crois pas. Je suis même sure que c'est inévitable ;-)

Je te passe la suite de l'histoire : tu n'as qu'à aller la lire ! En notant au passage une formulation qui m'a laissée perplexe — quand le poids de ramper t’écrase — et une autre qui m'a enchantée — coffre-for (écho au for intérieur). In fine, Évadé est une métaphore, mieux, une parabole de ce que beaucoup d'entre nous ressentent. Et peut-être qu'un jour, l'un ou l'autre aura la force de faire comme le héros de cette nouvelle.

Vois-tu, lorsque Ursula K. Le Guin affirme que "The creative adult is the child who has survived.", j'ai quand même bien l'impression que celui-là est bel et bien vivant et qu'il s'est évadé il y a lurette.

Notes

[1] Oui, bon, ça va

[2] Et les petites cuillères, hein, où disparaissent-elles, elles ?

[3] Vous avez 4 heures

[4] Ah, les Monstres de Berlin…

[5] Lire l’interview de Stephen King pour comprendre

[6] Il me semble qu’il est dit que l’identification est le début de l’empathie

[7] N’importe qui d’autre que l’héroïne d’une histoire laisse sa vie à la suite d’un traitement pareil

[8] J’ai horreur de cette expression. Comme si c’était un mal que de se plaire dans son propre bien-être

[9] Il semblerait que Deidre soit du même avis ^^

[10] Pas eu envie de la découvrir avec la voix de l'auteur. Ça viendra peut-être

[11] Tu penses tordu, parfois, quand même

[12] Tu crois peut-être qu'ils vont se vexer. Sache que, me targuant de connaître un peu les zozios, je suis sure qu'ils prendront ça comme un double compliment. Enfin, j'espère...

15/01/2017 11:40

Kappa16 (Neil Jomunsi)

Kappa16 Comme d'autres, j'ai assisté à la conception et à l'assemblage des premières pièces de Kappa16, une journée de février 2015, au cours d'un voyage sans fin, une circumnavigation, un combat avec les mots et le temps. Quelques heures — vingt-quatre — et mots plus tard, le prototype était opérationnel, une « science-fiction robotique » mais « Pas forcément la meilleure chose que j’aie jamais écrite » d'après l'auteur. C'était aussi mon avis quant à ce premier jet.

Pourtant l'abord était intéressant : histoire d'un robot, particulièrement autonome, du point de vue du protagoniste lui-même. Comment ça, les intelligences artificielles n'ont pas de conscience ? Pourtant entre la découverte de sa probable localisation chez Homo sapiens et les travaux de Stanislas Dehaene, elles ne sont pas loin d'en être pourvues. Faire entrer ainsi le lecteur dans la peau, tout artificielle qu'elle pût être, d'un robot s'annonçait comme la promesse d'un beau voyage. Sauf que, patatras, le cours de la vie de Kappa16 faisait voler en éclat les préceptes du maître de la robotique[1]. Damnède, non, non, non, ce n'est pas possible ! M'enfin, un auteur a bien le droit d'écrire ce qu'il veut, la lectrice n'est ni obligée de lire ses histoires, ni de les aimer.

Quoi qu'il en soit, après quelques mois d'affinage, de peaufinage, de polissage, d'améliorations, d'amendements et de réécriture, le Kappa16 nouveau était né, chez Walrus[2]. Et je dois dire que la maturation du droïde a eu du bon. Enoch, le robot de modèle Kappa16 dont il est question, prend de l'épaisseur et de la profondeur et devient le héros d'une histoire résolument humaniste. Curieux pour un robot, n'est-ce pas ? Écoutez-donc ce qu'il dit :

À force de vivre en compagnie d’un autre, on finit par adopter des comportements mimétiques. Je sais cela. Je fonctionne de la même manière : j’observe, je copie. Je suis une machine à reproduire.

C'est bien le mécanisme de l'apprentissage par imitation ou de l'empathie ou la base de la relation. Certes, ce n'est pas uniquement humain mais plus généralement animal. N'empêche. De plus, une fois sa faute commise[3], l'androïde passe, comme tout un chacun, par une phase d'introspection, douloureuse, solitaire, sombre, très sombre, et il en sort victorieux de ses propres turpitudes. Et peut-être davantage... humain. Curieux d'ailleurs, que notre esprit ne puisse imaginer des androïdes autrement qu'anthropomorphes quant à leur apprentissage et à leur psyché[4].

Comme l'histoire est imprégnée de shintoïsme cher à l'auteur

En japonais, #MOTTAINAI décrit le regret devant le gâchis, la désolation face à la dépense utile — d’argent ou d’énergie —, la tristesse liée à la vanité de nos actions irrémédiablement vouées à l’échec et à l’oubli.

Kappa16 constitue un plaisant manuel de philosophie personnelle.

Notes

[1] Isaac Asimov

[2] Comme dit Valery, c'est presque de l'autoédition ^^

[3] parce qu'il n'est pas parfait, malgré les talents de son créateur et que donc il est faillible, malgré ce que dit Asimov

[4] oui, j'ose...

27/09/2014 22:12

Jésus contre Hitler (Neil Jomunsi)

j-vs-h.png Alors que le Projet Bradbury débutait sa vie, Walrus faisait paraître le dernier épisode (et l'intégrale) de Jésus contre Hitler. Profitant des largesse de l'éditeur, je me suis offert, pour le Noël suivant, l'épisode 1 et je m'apprêtais à acheter l'intégrale lorsque survint le Ray's Day et l'occasion de bénéficier ce jour là de la générosité de la maison d'édition. Bref, JvsH ne m'a rien coûté, ce qui va m'obliger d'user de moyens honteux — et donc inavouables — pour que l'auteur puisse déguster des bretzels au petit-déjeuner.

Ceci étant posé, quel est donc cet OÉNI[1] ? D'abord, vous prenez Chapeau melon et bottes de cuir, Les mystères de l'ouest et X-files et vous secouez. Très énergiquement. Encore plus que ça. Vous laissez à peine reposer et ajoutez, en larges rasades, une grande diversité de mythes et légendes, millénaires, exotiques ou littéraires. N'ayez pas peur de touiller ensemble zombies, magies noires, Cthuluh, Yéti, forces occultes (n'hésitez pas à forcer sur la dose), super-héros, militaires, agence ultrasecrète, amour (si si), Dante, des Ninja (enfin, surtout une), et surtout énormément de relations humaines, d'amitié et, n'osons pas peur du paradoxe, d'humanité. Vous aurez alors une vague idée de ce que vous vous apprêtez à dévorer. Parce que, bien sûr, vous ne pourrez vous empêcher de passer à la page suivante, de vous plonger dans l'épisode d'après et, à la fin du dernier, de vous écrier Alors, la suite, c'est pour quand !?[2]

Mais encore ?

Une histoire de bons qui luttent contre le mal absolu. Le premier épisode est, somme toute, assez classique[3] : présentation des personnages, révélation ou plutôt confirmation qu'il s'agit bien du Jésus, petit même, à côté de son acolyte, militaire chevronné, quelquefois désobéissant néanmoins[4], mission menée à bien, avec juste la dose de suspense qu'il faut pour ne pas s'ennuyer. Donc bien, mais pas plus. Dans le second épisode, l'auteur s'offre le plaisir de se vautrer dans l'univers d'un de ses écrivains préférés, H. P. Lovecraft. Avec des vrais monstres, à côté desquels Hitler est un méchant d'opérette, de l'horreur horrible, des situations totalement inextricables dans lesquelles on craint maintes fois de perdre les héros : ils sont quatre, maintenant, dont une héroïne malgré elle, qui se fera bien discrète par la suite. Le récit est un peu moins linéaire que dans le premier épisode, univers lovecraftien oblige, et malgré tout l'humour est très présent : en particulier, le sort réservé à Cthulhu est particulièrement comique. En tout cas, il m'a fait bien rire et m'a rendu le monstrueux poulpe plutôt sympathique[5]. Le troisième épisode nous transporte au Tibet, dans l'antre d'une créature mythique, que l'on sait être parfois bienveillante si l'on a lu Tintin. Cependant, poussée à des actions désespérées par la *onnerie humaine, elle se ligue avec le grand méchant pour sauver son peuple. Dans ce troisième acte, apparaît également une bien curieuse protagoniste, au comportement étrange, dont l'attitude devrait éveiller bien des soupçons : dotée de capacités formidables, elle n'est qu'une enjôleuse traitresse. Et puis l'abominable homme des neiges, l'impensable survient : un des héros disparaît ! J'ai ressenti la même tristesse infinie que si j'avais été soumise à l'effet du visi-sonor manipulé par Le Mulet. Le dernier épisode voit les principaux protagonistes encore valides partir à la rescousse du disparu. C'est très simple : il suffit de se faire emporter en Enfer, rien que ça ! Et c'est tellement fantastique et fantaisiste (au sens de la SFFF), que c'est inracontable...

Entrainé dans un récit aux prémisses linéaires, on se laisse prendre par un déroulé de plus en plus emberlificoté : rien ne sert de résister — on passerait à côté de l'histoire — il suffit de se laisser porter par les méandres tortueux de l'imagination de Neil qu'il a réussi à dessiner en mots. Écrite avant le Projet Bradbury, la saga porte déjà en germe le style précis, pas encore ciselé mais déjà bien profilé, qui s'épanouira à travers les prochaines 52 nouvelles. J'aime toujours autant la façon dont sont traités les personnages féminins, l'imagination « young adult », l'humanité que l'on trouve dans les œuvres de Neil Jomunsi.

Notes

[1] Objet Écrit Non Identifié.

[2] Pour bientôt, si j'ai bien tout suivi ici

[3] Si tant est que l'intrigue le soit...

[4] Il n'est qu'un humain, après tout.

[5] Et Dieu Jésus sait que j'ai une horreur viscérale des monstres.

24/08/2014 13:46

Projet Bradbury : impressions

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Le projet Bradbury (PB, pour les intimes) — qui n'en est plus un puisqu'en cours de réalisation, un peu moins de la moitié, un peu plus du tiers, au moment où j'écris ces quelques lignes — a été lancé en août 2013 par un écrivant — comme il le dit lui-même, ayant fait sienne la formulation de Martin WincklerNeil Jomunsi, un des noms de plume de Julien Simon — et un anagramme aussi... L'auteur a pris à la lettre les conseils de Monsieur Ray Bradbury : « Écrire un roman, c'est compliqué : vous pouvez passer un an, peut-être plus, sur quelque chose qui au final, sera raté. Écrivez des histoires courtes, une par semaine. Ainsi vous apprendrez votre métier d'écrivain. Au bout d'un an, vous aurez la joie d'avoir accompli quelque chose : vous aurez entre les mains 52 histoires courtes. Et je vous mets au défi d'en écrire 52 mauvaises. C'est impossible. »

Neil a eu l'excellente idée de proposer l'aventure à qui voulait bien s'abonner au projet et recevoir ainsi, en avant-première, une nouvelle chaque semaine. Un peu comme, en d'autres temps, on découvrait les romans de nos grands littérateurs publiés par épisode dans les journaux quotidiens. Et bien sûr cela lui permet de ne pas rester seul face à chaque nouvelle, de ne pas être tenté de la corriger, amender, modifier incessamment jusqu'à la rendre méconnaissable, puisqu'une fois parue, elle est à nous, lecteurs ; de recevoir des avis, critiques et impressions à chaque publication et d'avancer moins solitaire jusqu'à la prochaine station.

Je me suis abonnée en septembre. Et puisque l'auteur nous invitait dans son antre, je me suis autorisée à lui faire part de mes impressions, ci-dessous retranscrites, à partir de la septième nouvelle (par ordre antichronologique). D'autres avis sur le Projet Bradbury chez Natalia, Deidre, Jartagnan et Tulisquoi.

Les détails des nouvelles est ici et le bilan, .

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